Destin : la saga Winx
- Stef

- 16 avr. 2021
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 14 avr. 2024
Il y a environ 10-12 ans, je lisais à ma fille les romans Winx dans lesquels de gentilles petites fées aux ailes colorées se battaient contre d’autres plus maléfiques, sur fond d’amourette de lycée. Le dessin animé, diffusé depuis 2004, était quant à lui super coloré et choupinou comme il se doit, mièvre à souhait.
Ainsi, lorsque Netflix sortit Destin : la saga Winx en ce pourri mois d’avril 2021, je me suis dit que j’étais trop vieux pour ces conneries et que les mignonneries n’étaient plus pour moi.
Ben j’ai eu tort.

Le pitch, tout d’abord (attention, spoils inside) :
2004 : « Bloom a 16 ans et mène une vie tranquille avec ses parents à Gardenia. Jusqu’au jour où elle porte secours à une jeune fille inconnue et ailée… Alors qu’elles luttent contre des créatures magiques, une force mystérieuse jaillit des mains de Bloom. Bloom serait-elle une fée, comme sa nouvelle amie, Stella ? »
2021 : « Bloom, de rage, a foutu le feu à la maison de ses parents suite à une dispute. Elle intègre donc un établissement scolaire féérique tout en leur mentant sur sa localisation précise. Pendant que ses coturnes et connaissances font la fête en buvant, se droguant ou tuant des gens, Bloom – qui a appris qu’elle avait en fait été échangée encore bébé – enquête sur ses véritables parents et met en danger tout le monde en bafouant toutes les règles possibles et énervant une dizaine de créatures faites pour tuer tout ce qui bouge (et notamment l’encadrement de l’école qui retient prisonnier une personne d’intérêt dont on sait de suite qu’on ne va pas lui faire confiance tellement elle a une tête de traitresse...) ».
Bon, OK, ce second pitch est de mon invention mais il faut se l’avouer : la version 2021 est bien plus dure que les œuvres originales. Là, on cadre avec notre époque : le thème de l’adoption et/ou de l’abandon, la jeunesse dissolue, l’obésité, le pouvoir des réseaux sociaux (oui, Alféa est connecté, je me demande qui est le fournisseur d’accès… au vu de l’adversaire des fées, les Brûlés, c’est certainement Frit si j’ai tout compris…), les complots et manipulations – y compris par ceux sensés guider la jeunesse – abondent dans cette version où la magie féérique ne fait plus apparaitre d’ailes diaphanes et phosphorescentes, sauf dans une scène de dernière minute, et là encore c'est assez badass.
Et là où l’on peut s’attendre à de pauvres amours de collège type « il est trop daaaaaaaark, je le kiffe », on trouve plutôt des relations ambigües où les états d’âme ne sont pas longuement discutés mais seulement déduits par le spectateur qui devra pour un temps tenter de deviner ce que pense l'adolechiant (bonne chance!).
Bloom est devenue une ado de notre époque, pas de doute là-dessus, et ce remake (voire reboot) de Winx a su adapter une histoire pour enfants à la réalité de notre très cher XXIème siècle. On perd donc l’aspect enfantin des fées (d’ailleurs ça pourrait au final être une saison de The Magicians où on remplace le mot « mages » par « fées »).
En 6 épisodes de 50 minutes, la saison se tient bien et n’a pas trop le temps pour les longueurs afin de développer l’intrigue qui se prolongera certainement dans une seconde saison tellement on sent que les scénaristes en ont sous le pied.
Ca fée le job !




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