L’Homme-Dé
- Stef

- 29 août 2015
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 14 avr. 2024
Il y a des livres qui vous inspirent. Il y a des livres qui sont tellement puissants que leur seule lecture vous amène en même temps à rire, pleurer, réfléchir, ressentir un panel d’émotions comme peu d’auteurs savent provoquer en vous. Des livres intelligents et cultivés, et pourtant si fous qu’ils vous emportent dans une narration à la fois structurée et pourtant déconcertante.
L’Homme-Dé est un de ces livres.
Pour ma part, il est arrivé dans ma vie comme il se devait : par hasard. J’écrivais, comme à mon habitude, des conneries sur Twitter lorsque je remarquai un nouveau follower. Curieux, j’examinais alors sa timeline lorsqu’un de ses Tweet me sauta aux yeux en annonçant : “Réédition d’un livre incontournable. Un chef d’œuvre, un vrai !”
Curieux, la lecture d’un bref pitch sur Amazon finit de me convaincre et je cliquais sur “acheter”. Le lendemain, il était dans ma boîte aux lettres (en V.O.).

Une des couvertures des nombreuses rééditions.
Alors comment décrire ce roman ?
Tout d’abord, le pitch : il s’agit de l’autobiographie d’un psychiatre un peu dépressif (Luke Rheinehart) que sa vie ennuie. A l’origine, il est bien sous tout rapport, marié, deux enfants, des amis avec lesquels il joue au poker et disserte sur les évolutions de la psychologie. Ses “anciens” ne sont plus des modèles pour lui, et les petits jeunes commencent à avoir plus de succès que lui dans le milieu ; bref, socialement très stable, il se sent néanmoins à un tournant de sa vie.
Un jour, après d’une partie de poker alcoolisée avec lesdits camarades et à son domicile, il devine sous une carte placée sur la table un dé dont le résultat lui est caché. Il décide que si c’est un “1”, alors il sortira de ce pas pour aller violer la femme de son jeune et brillant confrère (avec lequel il partage un cabinet).
C’est un “1”.
Je ne vais pas tout spoiler mais sachez qu’ensuite sa vie ne devient qu’une suite – illogique – d’événements dictés par les seuls tirages de dés, et que ça devient un énorme bazar (de notre point de vue en tous cas).
Tout ceci est narré de superbe manière, c’est drôle, décalé, acerbe, critique, cela apporte de la réflexion sur énormément de sujets, sur le rapport à la réalité, à la société, à soi-même, à la religion, aux sentiments, au genre (humain ou sexué)… à la vie ! De plus, le livre est véritablement ancré dans son époque – même s’il reste d’actualité, puisque situé dans les années 70, et par conséquent empreint des marqueurs culturels américains de cette période.
Les techniques narratives utilisées sont véritablement originales et collent parfaitement avec l’état d’esprit du moment de l’auteur, et on trouve des phrases – et des situations – cultes (c’est le cas de le dire puisque son style de vie fait des émules) presque à chaque page.
Bref, pour moi qui, au bac, ai choisi mon sujet de philo en lançant un dé à 6 faces, ce livre m’a de suite parlé et m’a ému, touché et fait réfléchir.
Et en plus, y’a du sexe façon 50 Nuances. Que demande le peuple ?
PS – Si vous n’êtes encore pas convaincus et avez besoin de “big media”, on en parle aussi (en pareil mais en différent) ici : http://www.lexpress.fr/culture/livre/les-11-chefs-d-oeuvre-meconnus-a-lire-sur-la-plage_1549305.html




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